CPSur les pas de
Camille Pissarro
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12.01.1885 · date incertaine

Pissarro à Monet : « Les temps sont tellement durs »

Camille Pissarro explique à Claude Monet qu’il a reçu tardivement son télégramme et qu’il ne peut se rendre à Paris, son fils Lucien devant lui-même s’y déplacer pour ses publications de gravures. Il confie surtout ses graves difficultés financières : les temps sont si durs qu’il doit limiter ses dépenses, renoncer aux repas partagés avec ses amis et vendre ses tableaux au hasard des occasions. Malgré cet embarras, Pissarro espère retrouver Monet comme autrefois lorsque sa situation se sera améliorée. Cette lettre donne un témoignage très direct de la précarité matérielle du peintre.

Expéditeur
Camille Pissarro.
Destinataire
Claude Monet
Lieu d’envoi
Éragny, par Gisors (Eure).
Langue originale
Français
Pissarro à Monet : « Les temps sont tellement durs »

Texte de la lettre

Transcription

Éragny, par Gisors (Eure).

Mon cher Monet,

Votre télégramme m’est arrivé ici, bien en retard, naturellement ; du reste je ne comptais pas aller à Paris, Lucien étant forcé d’y aller pour ses publications de gravures, j’étais forcé de rester. — Ne vous étonnez pas si je ne puis plus assister à nos diners et déjeuners, les temps sont tellement durs que je suis forcé de regarder à la dépense. — Durand est parti en me donnant si peu de chose, que je suis dans la nécessité de vendre mes toiles par ci par là, c’est à peine si j’arrive à joindre les deux bouts. J’espère, cependant, que lorsque je sortirai de l’embarras actuel, nous pourrons nous retrouver ensemble comme par le passé. — Excusez-moi donc, mon cher ami, et ne m’en veuillez pas.

Votre vieil ami.

C. Pissarro.

Contexte

Note éditoriale

Transcription établie d’après la reproduction imprimée fournie sur deux pages. Les coupures de mots provoquées par la fin de page ont été supprimées afin de restituer une lecture continue. L’orthographe et la ponctuation de la publication ont été conservées, notamment les formes « diners » et « par ci par là ». La date et le lieu de destination ne figurent pas dans l’extrait photographié. Le destinataire est identifié par l’appel « Mon cher Monet » et par l’en-tête éditorial consacré à Claude Monet.